Historiques et compte-rendu des activitées de l'association HARNES-KABOUDA ,titulaire de la médaille du mérite national Burkinabé au grade d'officier. "" pour lire les débuts de l'association cliquer sur le plus gros chiffre en haut au centre de la page ""
COMPTE RENDU DE LA MISSION 2002
par Eric FURMANIAK médecin
Edouard DUBOIS infirmier
En préambule, et avant de rendre compte de la mission médicale 2002 , qui suit celles de 1999,2000et 2001, nous souhaitons " rendre
à César ce qui lui appartient", c'est à dire, remercier le Docteur Jean Ghilat, instigateur et moteur de ces missions médicales depuis quatre ans, qui , par son dévouement, sa compétence et sa
parfaite connaissance du pays, a su rendre notre séjour au BURKINA FASO, très agréable.
Pour l'en remercier, nous lui dédions ce compte rendu, symbole bien modeste de notre reconnaissance.
Notre gratitude va aussi à la générosité des habitants de HARNES, avec une mention spéciale à ceux de MERICOURT, NOYELLES SOUS LENS et SALAUMINES, où la mobilisation
est sans égale depuis trois ans .
Nous avons pu aussi, compter sur l'aide de nombreux donateurs:
- La Société de Secours Minières du Pas de Calais
- L'Institut Pasteur Mérieux, par Action Nord Sud, pour les vaccins
- Le Docteur DRACON et l'hôpital CHARLON, pour le don d'un apareil d'échographie
- La société L.M.E.N. Gare d'eau à Annay sous Lens
- L'entreprise MIROUX parc d'activité de la croisette LENS
- La Carrosserie VINOIS rue Floha
Z.I. de Méricourt
- L'auto école Jean PAJOR AvenueVan Pelt LENS
- La
pâtisserie René BAILLET rue des Fusillés HARNES
- Le COMPTOIR de la CARROSSERIE AUTOMOBILE de MERICOURT
- UNIVERSAL VIDEO rue du Général de GAULLES ROUVROY
- La boulangerie CHRETIEN rue Roger
Maréchal a ACHEVILLE
- HENIN MEDICAL HENIN BEAUMONT
- L'association CENTRO ITALIANO de HARNES
- Les laboratoires FABRES de CASTRES
- L.U.R.L. "Mises en scénes" de LYON
- L'association VENDRES/HARNES de VENDRES
- L'association VANDA de SALLAUMINES
- L'association Ecole et Famille du nord
- La ville de HARNES, aqui pour la troisième année consécutive nous a mis un container
à disposition, ce qui a permis l'acheminement du matériel,des médicament et des vêtements que les membres du Secours Catholiques de Harnes avaient préparé. L' ensemble de ce container
représentait un total de trois cent colis.
Le 4 mars 2002 à 12h30 l'équipe est prête à partir sur la grand place de Harnes, composée de huit membres, avec pour la première fois un
chirurgien dentiste,Jasmonde ARNAUD, dont le rôle sera déterminant et qui avec Marie Françoise SIERRI, infirmière , nous viennent de la commune de VENDRES,
jumelée avec Harnes et, c'est en cela aussi une première.
Les six autres membres de l' équipe, de notre région, se compose de:
Trois médecins généraliste : Marie Anne DEFFONTAINE de DENAIN
Jean ghilat de HARNES
Eric FURMANIAK de LIEVIN
Deux infirmiers
: Marie ROVIS de THELUS
Edouard
DUBOIS de HARNES
Une pharmacienne
: Martine GRINAERT de BOIS
BERNARD
Et tout ce petit monde d'embarquer pour la quatrième fois.......
Le voyage se déroule sans problème majeur, et nous arrivons à 21 h00 à OUGADOUGOU, accueillis par une délégation du GRADEK (association d'aide
au d&éveloppement dr KABOUDA ), nous conduire chez notre compagnon de voyage Jean GHILAT, où nous passons, après un formidable accueil ,la première nuit Ouagalaise, le temps de
s'habituer à une température déjà élevé pour nous 30° la nuit.
Aprés un petit déjeuner pris en commun, nous partons pour KABOUDA par petits groupes, et avec, pour certain quatre heures de retard, le véhicule prévu à notre transport
étant.......inexplicablement en retard.
Environ 2h30 plus tard, nous arrivons au village ; KABOUDA situé à 120 km de la capitale, OUGADOUGOU: celui-ci, jumelé avec HARNES depuis 1993, est doté d'un centre de santé, et de
promotion social pour 7312 habitants, dont 25% habitent à moins de 5 km du centre, et le reste, dans un rayon de 10 km, les éleves de l'école primaire du village , font ce parcours pour rejoindre
leur classe tous les matins !
Cette arrivé tardive ne nous à pas permis à tous ,comme il était prévu, de faire escale à ZORGHO ( la ville la plus importante, situé à environ 30 km de KABOUDA par la piste ) où
nous attendaient le Haut Commissaire et le Médecin Chef de District.
Tous réunis à Kabouda, nous sommes accueillis par le Comité du village, chargés de la régence; le successeur du chef de Kabouda décédé en novembre 2001,
n'ayant toujours pas nommé. Nous n'échappons pas au rite de l'eau de farine de bienvenu. Ce chaleureux accueil ne nous distrait cependant pas du but de notre mission, et nous nous mettons
tous au travail, ce mardi après -midi, afin d'installer la pharmacie.
L'ouverture des cartons, la répartition et le rangement par spécialité des médicaments collectés et déjà préparé avant leur expédition par le container, nous prend
pratiquement le reste de la journée, la température, à l'intérieur du local aménagé pour servir d'officine à notre pharmacienne,Martine Grinaert, avoisine les 40% !
Une fois ce travail effectué, nous visitons les locaux du dispensaire et de la maternité, transformés pour l'occasion en cabinets de consultations, et chacun de prendre possession de
son petit domaine d'exercice: le docteur Jean Ghilat et Marie Françoise Sierri, infirmière, au dispensaire, les docteurs Eric Furmanik et Marie Anne Deffontaine assistés de Marielle
Rovis infirmière, dans les locaux de la maternité, et , notre chirurgien dentiste, Jasmonde arnaud ,trouve son "bonheur " dans le local jouxtant les cabinets
des deux médecin précités. Il faut cependant avouer qu'un minimum manque à son exercice, pas de fauteuil approprié, pas de projecteur, mais qu' a cela ne tienne, Jasmonde se satisfera d'une
table d'examen en guise de fauteuil dentaire, et celui-ci placé prés de la fenêtre, elle opérera à la lumière du jour, en un tour de main notre sympathique "baroudeur" est dans son fief.
Quand à Edourd Dubois, il prend possession du préau réservé habituellement à la promotion social, pour y effectuer le vaccinations, hors des files d'attente des consultations.
De retour à notre "base", le C.A.D. ,chacun choisi son "home", puis nous profitons du repas du soir , préparé avec beaucoup d'attention par notre merveilleuse cuisinière , , pour
la mise au point et l'organisation du travail.

Fort de l'expérience tirée des années précédentes, le docteur Jean Ghilat nous explique qu'avec l'aide des membres du GRADEK qui assureront le service d'ordre, pour une
partie, et le service d'interprète pour l'autre, nous pourrons éviter la bousculade que les missions précédentes ont connu. Pour ce faire, il est souhaitable de répartir les consultations aux
mieux : d'abord, de 8 h00 à 13 h 00, celles des enfants accompagnés de leur mère exclusivement, puis l'après-midi, les adultes,hommes et femmes .
Afin de pouvoir prévenir toute forme de difficulté quand au nombre de consultants, une politique de sélection est étudiée, et sa mise en place décidé, dans le but de
permettre une auscultation et une visite médicale plus approfondie aux cas le nécessitant vraiment, les autres cas seront diagnostiqués sur place .
Avant de nous séparer pour rejoindre nos cases respective, nous apprenons une excellente nouvelle: cette année, la méningite n'a touché aucun des habitants de KABOUDA, contrairement
aux années précédente, où des cas mortels avaient endeuillés la population. Les efforts des missions, ont, du moins face à ce fléau, porté leurs fruits!
Dés le matin 7h30 , nous sommes à pied d'oeuvre, et comme les années précédentes l'afflux de la population est considérable. Et la reconnaissance de notre travail, c'est sur le
tableau de la classe de C.P.2. que les enfants du village l'ont écrit.


Consultations de médecine ont permis de relever cette année :
La prépondérance des maladies infantile:
- Malnutrition et retard de croissance
- Conjonctivites
- Otites
- Rhinopharyngites
- Parasitoses intestinales et dermatologiques
- Gastro entérites infectieuses
Qui ont constitué le tiers des consultations
Chez les adulte, en dehors des habituelles polyalgies, il a été observé par ordre de fréquence :
- Les colopathies
- Maladies rhumatologiques
- Maladies dermatologiques et parasitaires, ulcères de jambes
- Pneumopathies et asthmes
Malgré les campagnes précédentes, la bilharziose reste d'actualité puisque nous avons enregistré environ cent cas. D'autres cas plus rares étaient constitués par de maladies
prostatiques, d'orchite, de lèpre, de filariose, de dyspnée.
Il a été constaté aussi, avec impuissance, un nombre avoisinant les cinquante cas, de cataractes et de déficience de la vue.
Enfin, une cinquantaine de pathologie grave ont été dirigés vers l'hôpital de ZORGHO, ou OUGADOUGOU.
En ce qui concerne la chirurgie dentaire, pour la première expérience, elle est riche en résultats, Jasmonde Arnaud a pratiqué au total deux cent soixante dix extractions, et a consulté et
traité trente trois autres patient. C'est donc trois cent personne qui ont bénéficié des soins de chirurgie dentaire, et ce dans les conditions précaires expliquées au début de ce compte rendu,
un tel chiffre est à méditer et à prendre en compte lors des prochaines missions.
Au niveau de la pharmacie, en accord avec le G.R.A.D.E.K, le service d'ordre à été renforcé, d'autant plus que cette année, Martine Grinaert ne pouvait compter, pour l'aider, que sur la
présence de l'infirmier local. Le travail sous une chaleur accablante a été des plus difficile, 50 ° à l'extérieur, presque autant à l'intérieur et une foule pressente devant le seul orifice
du bâtiment, la porte, qui bien qu'ouverte de deux battants étaient insuffisante pour permettre une aération.

LA PHARMACIE
Devant les difficultés que rencontrait notre pharmacienne, les patients en surnombre, (quatre source d'ordonnance), il nous et venu l'idée simple, (suggérés par Jasmonde, rendons à elle
aussi ce qui lui apartient !), pour décongestionner la pharmacie et ses longues files d'attente: chaque consultant devait prendre avec lui les produits de premières nécessité qu'il délivrait
sur place, au terme de l'examen clinique. Le résultat à été spectaculaire, et pourra inspirer les futures missions.
Les vaccinations, au vu des résultats de la dernière mission, ont été, pour l'essentiel réalisées durant les premières 48h00, en effet, les B.C.G.: aux nouveaux nés depuis 2001
Les vaccins contre la méningite : rappels et vaccination des personnes non encore protégés.
Les
vaccins contre la rougeole:pour les enfants et adolescents non encore vaccinés.
Quelques contrôles par intra-dermo-réaction des vaccinations
par le B.C.G., de missions précédentes
A u total neuf cent vaccins.

NOTRE ACTIVITE MEDICO-ASSOCIATIVE:
Celle-ci se solde par la remise du matériel médical aux hôpitaux de ZORGO et de MEGHET, (lits médicaux, tables d'examens, appareil d'échographie) en ce
qui concerne la part médicale, ainsi que des livres et fournitures scolaire à l'école de KABOUDA. Sans oublier de nombreux colis de vêtements préparés par nombres d'habitants des communes citées
et remerciées en préambules, et des associations déjà citées elles aussi.
La remise officielle des ces dons est l'occasion d'une fête populaire, organisée en notre honneur en présence de Pierre Tapsoba, ministre de la santé, du préfet de
Meghet, du médecin chef du district
, du commissaire, et d'autres personnalités qui voudront bien nous excuser si nous oublions de les citer. Il y a cependant les habitants du village, anciens en tête, qui tous sont là pour
témoigner de leurs attachement à nos actions, et nous donner toute leur amitié. Tous les membres de l'équipe sont émus de tant de chaleur et d'humanité.

C'est faute de temps faute de temps que nous n'avons pu visiter l'hôpital de ZORGHO, où nous attendait cependant le médecin chef, il nous remet donc au cours de la fête, une
liste de doléances urgentes :
Lits et matelas
Réfrigérateur
Tensiomètres
Pèse bébé ,pèse personne
Instruments médico-chirurgicaux (boite de petite chirurgie)
Aspirateurs
Machine à laver
Matériel informatique
Cette liste n'est pas exhaustive tant le dénuement est grand dans cet hôpital qui comprend : Un service de médecine, un service de chirurgie, une maternité, un laboratoire
d'analyse médicale, et enfin une petite pharmacie, mais ne comporte aucune spécialité, O.R.L.,ophtalmologie, chirurgie dentaire etc... et cela pour une population évaluée au dernier
recensement, à 291.752 habitants, le premier spécialiste étant à OUAGADOUGO, c'est à dire à 120 km.
Notre analyse générale, ne sera pas différente de celle des autres missions: nous déplorons le manque de temps nous permettant de rencontrer la population hors des consultations, et les
élevés des écoles pour parler de la prévention.
En effet, la malnutrition, un des grands fléaux rencontrés, ne se traitera pas par un apport fut-il massif de farine et de lait, bien que ces produits soient utiles, mais par l'éducation
des mères dans l'utilisation des produits locaux.
Les soins d'hygiène du nourrisson ne peuvent s'enseigner qu'en privé, tellement chaque cas et particulier.
La bilharziose ( succinctement: maladie parasitaire, traduit par une hématurie, qui dégénère en cancer de la vessie pour bien des cas non traité), maladie répandue chez les enfants et les
adultes,dont le traitement par "praziquentel" ne peut empêcher les récidives, nécessite des leçons de prévention sur l'eau de boisson et les dangers de baignade dans l'eau stagnante.
Bien d'autres exemples peuvent être cités dont le corollaire est le manque de temps pour nous occuper de prévention.
Nous pensons que les prochaines missions devront s'inspirer de ce contact et prolonger de quelques jours la durée du séjour à KABOUDA. Par exemple, pour être efficace 7 jours à
pied d'oeuvre, il faudra compter un minimum de 12 jours par mission.
Cette proposition implique un sacrfice supplémentaire aux candidats au départ, mais c'est a notre sens, la meilleure façon d'être plus utiles encore et de se sentir moins frustrés de
n'avoir pas terminer notre travail.

En ce qui concerne les médicaments, notre choix doit être plus précis: nous avons en effet manqué d'entibiotiques, de gouttes ORL et ophalmique ( que nous avons dû acheter sur place),
d'apport nutritionnel, surtout pédiatrique, anti-diarréhiques et de laxatifs, d'antiseptiques locaux, de produits dermatologiques divers, aloersque les traitement à visés cardio-vasculaire
n'avaient pas tant d'utilité.
Constat fait, il manque encore l'essentiel dans ce centre de soins: si l'électricité a été installée grâce aux panneaux solaires, elle est cependant trop faible pour la
puissance souhaitée. En effet il est impossible d'alimenter un réfrigérateur qui permettrait la conservation des vaccins.
Enfin, l'eau manque cruellement au dispensaire. Elle manque aussi au village où aucune réserve d'eau de pluie ne permet de cultures en dehors de la période des pluies, la
réfection du barrage n'est plus à l'ordre du jour, son projet de financement par les autorités du BURKINA-FASO a été abandonné. Nous le regrettons amèrement.
D'autres initiatives sont à l'étude, notamment le forage de nouveaux puits, dont nous souhaitons, malgré les risque de baisse de la nappe phréatique, l'aboutissement. Nous continuons à
croire que la solution la plus sage serait de recréer la réserve d'eau de pluie, même si quelques forages sont effectués pour l'eau de consommation.

EN CONCLUSION :
Comme le pense l'ensemble de l'équipe de cette aannée 2002, des modifications dans le travail de la mission médicale devrai s'opérer:
-Nouvelle conception dans l'aide à apporter à la population, en instant d'avantage sur la prévention par l'hygiène.
-Être présent plus longtemps pour permettre à plus de monde d'avoir accès aux soins et mieux suivre certaines pathologies
-Étendre les vaccinations aux alentours du village.
-Prévoir une ou plusieurs visites aux hôpitaux de ZORGHO et MEGHET, afin d'évaluer leurs possibilités de soins et de prise en charge, pour permettre un lien dans le suivi de notre
action.
Nous allons sans doute paraître présomptueux en pensant qu'un séjour de deux semaines gérées par exemple de cette manière : les matinées de 07h30 à 14h00, consacrées aux soins,
l'après-midi, à la prévention à l'École et au domicile des villageois, puisse obtenir l'approbation des futurs participants, mais ,c'est notre conviction.
Dans le cadre établi, il restera à trouver des sources de financements supplémentaires.
Notre mission n'a pu aboutir que grâce à la collaboration du GRADEK, notre relais burkinabé de l'association HARNES-KABOUDA dont les membres nous ont assistés tout au long de notre
travail.
Malheureusement, nous déplorons un malentendu, voir une incompréhension du GRADEK concernant, le caractère exclusivement humanitaire de notre mission. A notre demande une mise
au point a été faite sur place, mais il reste souhaitable , qu'elle soit complétée par un comuniqué commun, GRADEK/HARNES/KABOUDA, qui dissipera définitivement ce malentendu.
Les coeurs sont serrés, chacun se remet en question, nous abandonnons nos amis.
Nous avons l'impression d'avoir apporté si peu, et d'avoir tant reçu!
Une chose est sur, nous voulons tous revenir
A Jean ghilat